
6 juin 2026
Résumé de la conférence — Les Rencontres Médicales du Sud Nice, 6 juin 2026 · HolidayInn
Le 6 juin 2026 à Nice, nous avons réuni les professionnels de santé autour des grands enjeux de leur exercice : fiscalité, structure juridique, cession de cabinet et protection sociale. Retour sur les idées clés à retenir.
Le 6 juin 2026, Nice a accueilli Les Rencontres Médicales du Sud, une conférence pensée pour les professionnels de santé exerçant en France. Une matinée d'échanges autour d'une réalité que beaucoup de praticiens connaissent : entre cotisations sociales, choix de structure, transmission du cabinet et préparation de la retraite, les décisions sont nombreuses — et lourdes de conséquences.
Nous étions trois à intervenir, chacune sur son domaine : la fiscalité et la comptabilité avec Eugenia Chiorescu, expert-comptable, les aspects juridiques avec Maître Mihaela Cengher, avocate à la Cour, et la prévoyance et l'épargne retraite avec Claudia Tudori, agent général AXA. Voici les grandes idées que nous avons partagées.
Anticiper, plutôt que subir
Pour un médecin libéral, les cotisations sociales représentent le premier poste de dépense, et l'impôt peut peser lourdement sur les revenus les plus élevés. Le piège le plus fréquent reste le décalage dans le temps : quand l'activité progresse, la régularisation des cotisations peut surprendre.
Nous avons notamment insisté sur un réflexe simple mais décisif : faire le point sur sa situation avant la fin de l'année, pour pouvoir encore agir. En décembre, beaucoup de leviers sont déjà refermés.
Entreprise individuelle ou société : une question de stratégie
La réforme de 2024 a profondément modifié l'équation entre entreprise individuelle et SELARL. L'avantage fiscal qui rendait autrefois la société quasi automatique a évolué.
La vraie question n'est plus « EI ou SEL ? », mais : est-ce que je consomme l'essentiel de mon revenu, ou est-ce que je capitalise pour développer et transmettre ? Selon la réponse, la structure idéale change du tout au tout — et le choix mérite d'être réfléchi en amont, pas corrigé après coup.
Acheter son local : un choix qui se joue à la revente
En nom propre, via une SCI à l'IR ou à l'IS : chaque option a sa logique. Nous avons montré, cas chiffré à l'appui, que le bon choix dépend surtout de votre tranche d'imposition et de votre horizon de revente. Certaines décisions, comme l'option pour l'IS, sont par ailleurs irréversibles — d'où l'importance de modéliser la sortie dès le départ.
Céder ou racheter une patientèle : les pièges à éviter
C'est l'un des moments les plus sensibles de la vie d'un cabinet, et l'un des plus mal anticipés. Nous avons passé en revue les erreurs qui transforment une acquisition en litige.
La première idée reçue ? Croire qu'une patientèle se « vend » comme un stock captif. Or la liberté de choix du patient reste un principe intangible : un patient peut très bien ne pas suivre le repreneur. La valeur réelle d'un cabinet tient souvent à des éléments invisibles — la réputation personnelle du cédant, le rôle du secrétariat, l'accessibilité des locaux, la qualité de la transition.
Le prix n'est presque jamais le vrai sujet. Ce qui protège, c'est un contrat clair sur la transition, la communication aux patients et la répartition des responsabilités. Un accompagnement juridique en amont permet d'éviter que des non-dits ne resurgissent quelques mois après la signature.
Protéger ses revenus : la prévoyance, un angle mort
La prévoyance est sans doute le sujet le plus sous-estimé par les praticiens. En cas d'arrêt de travail, le régime obligatoire impose un délai de carence avant toute indemnisation, et les montants versés sont rarement à la hauteur du niveau de vie réel d'un médecin.
Or les risques sont bien concrets : les statistiques montrent que les troubles psychiques et les affections graves figurent parmi les premières causes d'arrêt chez les médecins. Une prévoyance adaptée — indemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès, prise en charge des frais du cabinet — vient combler l'écart laissé par le régime obligatoire. Et les cotisations restent fiscalement déductibles.
Préparer sa retraite au plus tôt
Dernier enjeu : la retraite. Le revenu d'un médecin libéral chute fortement au moment de cesser son activité. Le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet d'anticiper cette baisse, avec un avantage fiscal d'autant plus fort que les revenus sont élevés. Là encore, plus on s'y prend tôt, plus l'effet est puissant.
Ce qu'il faut retenir
Cette journée l'a confirmé : en matière fiscale, juridique et patrimoniale, anticiper change tout. Mais chaque situation est unique, et aucune règle générale ne remplace une analyse personnalisée.
C'est précisément ce que nous aimons faire lors de ces rencontres : partir de votre cas concret. Merci à toutes les personnes présentes pour la qualité des échanges — et pour celles qui n'ont pas pu venir, nous serons heureuses de vous retrouver lors d'une prochaine édition.
Pour toute question sur votre situation, n'hésitez pas à nous contacter.